Le soldat KONDI N. Julienne entre dans l’histoire

Le soldat KONDI N. Julienne entre dans l’histoire

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Le Centre d’Entrainement des Troupes Aéroportées (CETAP) de Lomé, pôle de référence dans la sous-région en matière de techniques aéroportées, forme des stagiaires togolais et des stagiaires des pays amis.

Lors du grand défilé militaire et paramilitaire marquant la commémoration du 61ème anniversaire de l’accession du Togo à la souveraineté internationale, un groupe de sept chuteurs de ce centre s’est admirablement distingué par sa démonstration de sauts, prestation qui a tenu en haleine le public présent.

Ce fut particulièrement l’occasion pour ce centre de présenter au public sa pépite, le soldat KONDI Nigbéri Julienne, premier personnel féminin chuteur qui de part son saut à une altitude de plus de 2000m, a marqué de son empreinte indélébile cette festivité.

LES DIFFERENTS TYPES DE SAUT EN PARACHUTES PRATIQUES AU CETAP

Saut à Ouverture Automatique (SOA).

Il s’effectue à 400m d’altitude où le parachute est ouvert par une sangle accrochée à un câble de l’aéronef. L’ouverture est automatique à la sortie de l’aéronef sans l’intervention du parachutiste. Ce type de saut est destiné à faire des largages dans des zones difficiles d’accès.

Saut à Ouverture Commandée Retardée (SOCR)

L’altitude de saut varie entre 1000 et 5000m. Il exige des aptitudes psychotechniques particulières contrairement au SOA. A la sortie de l’aéronef l’exécutant du SOCR n’est pas relié à ce dernier. Sous l’effet de son propre poids, il flotte progressivement. C’est la chute libre qui peut durer 90 secondes pour les sauts à 4500 mètres, avec une vitesse moyenne de 200km/h. La hauteur d’ouverture prescrite est contrôlée à l’aide de l’altimètre placé au poignet de chaque chuteur. Le respect de l’altitude de saut est impératif pour la sécurité individuelle et collective des chuteurs mais aussi, il détermine l’ordre d’arrivée au sol. Après l’ouverture du parachute, c’est le pilotage de la voile jusqu’à l’atterrissage. Le SOCR est utilisé comme moyen opérationnel et de démonstration sportive.

PREMIER PERSONNEL FÉMININ BREVETÉ EN SAUT PARACHUTISTE

Le CETAP forme des militaires au parachutisme. En effet, tout officier au cours de sa formation initiale, suit un stage de parachutisme. C’est ainsi que le médecin-commandant Lidi BESSI KAMA, actuelle ministre des Sports et des Loisirs, dans le cadre de sa formation d’officier, a obtenu son brevet militaire de parachutisme en 1999, devenant ainsi le premier personnel militaire féminin des Forces Armées Togolaises à obtenir ce brevet avec six sauts en ouverture automatique à 400m d’altitude au milieu de ses pairs masculins. A ce jour plusieurs personnels militaire féminin ont suivi ses pas pour devenir officier et ou pour servir dans des unités parachutistes à l’instar du soldat KONDI Nigbéri Julienne.                               

Cette dernière, au vue de ces qualités singulières dans la pratique du saut, a été choisie et initiée à se perfectionner.  

PERFORMANCE DE LA PREMIÈRE FILLE CHUTEUR AU SEIN DES FAT

Le Soldat de 2e Classe KONDI Nigbéri Julienne affectée au CETAP en 2019 à l’issue de la formation commune de base au CNI a obtenu son brevet militaire de parachutisme après avoir effectué six sauts à ouverture automatique (SOA) à 400 m de hauteur de la même année.

Sur instruction du commandement et dans le cadre de la promotion du genre féminin, le soldat KONDI Nigbéri Julienne a été désigné grâce à ses qualités personnelles pour suivre l’initiation à la chute libre en 2020, activité réservée jusqu’alors aux hommes.

Au cours de ce stage, elle a effectué 87 sauts entre 1200 et 3500m d’altitude en ouverture commandée et retardée. Elle devient ainsi la première fille des Forces Armées Togolaises à pratiquer le saut à ouverture commandée et retardée (SOCR) communément appelé chute libre.

 Au regard de son aisance et de sa détermination, elle fut désignée pour s’entraîner avec l’équipe des chuteurs préparée pour la démonstration de saut du 27 avril 2021, qui est également un saut exigeant en raison du lieu, du public et de l’enjeu. 

Ainsi, devant la loge présidentielle lors de la commémoration du 61ème anniversaire de l’indépendance du Togo, le saut de démonstration des chuteurs du Centre d’Entrainement des Troupes Aéroportés (CETAP) de Lomé a captivé les esprits.

Dernière de l’équipe de 07 chuteurs à s’élancer de l’hélicoptère MI-8 des FAT, à 2500m, le public attendait le souffle coupé l’arrivée annoncée de cette fille, porteuse du drapeau national. Comme un oiseau, elle volait avec grâce vers le point d’atterrissage, milieu des trois tribunes. Avec souplesse, elle fit un atterrissage majestueux à la satisfaction de tout le public qui découvre pour la première fois, cette fierté de la nation togolaise. Ce soldat de 2eme classe vient de mettre fin à 47 années de monopole masculin dans cette discipline. Elle entre ainsi dans l’histoire du parachutisme militaire des FAT par le haut.

La prochaine phase de sa formation sera la chute opérationnelle ; une formation qui consiste à sauter avec les équipements et le matériel dont le chuteur aura besoin pour mener sa mission. Un stage commando l’attend également.  

Le soldat KONDI ouvre une nouvelle page du parachutisme au Togo et s’il faut être complet dans la sous-région. Espérons qu’elle sera également suivie par d’autres personnels militaires féminins dans cette spécialité.